12ème session de la Commission mixte tuniso-indienne
30/31 octobre 2017 à New Delhi


12ème session de la Commission mixte tuniso-indienne
30/31 octobre 2017 à New Delhi

Le partenariat économique, clou des travaux

Le monde n’a jamais connu autant de transformation et de remodelage au niveau géopolitique et économique que lors de la fin du XXème siècle et le début du XXIème. Des événements majeurs ont bouleversé les codes et les modèles de développement, donnant une nouvelle orientation à l’économie mondiale et faisant émerger de nouveaux acteurs économiques qui pèsent désormais sur l’échiquier mondial. La chute de l’Union soviétique et son corollaire le mur de Berlin. La polarisation des modèles économiques entre économie réelle et économie virtuelle par le biais du développement des nouvelles technologies de l’information et de la communication. La modération de la puissance des matières premières et énergies fossiles dans les rapports de force entre les nations. Les regroupements d’intérêts économiques et de voisinage entre les pays, sont autant de facteurs qui devraient nous acculer à sortir des stéréotypes et à repenser notre manière de voir le monde, avec plus de globalité et de mutualité. Toute autre considération qui prône le conservatisme et l’inertie devrait être mise au ban. De toute évidence, la libéralisation du commerce transnational et le développement de la logistique export au niveau mondial, opérés sous la houlette de l’OMC, organe régulateur des pratiques du commerce international, offrent de larges perspectives aux pays candidats au commerce transfrontalier pour diversifier leur clientèle et inventer de nouvelles formes de partenariat à intérêts mutuels pour entrer de plain-pied dans la globalisation des marchés et en tirer les dividendes. La Tunisie a adhéré à ce processus d’intégration dans l’économie mondiale depuis belle lurette. Ce choix stratégique se traduit par son statut de membre originel de l’OMC depuis 1995 et par la signature de l’Accord d’Association avec l’Union européenne pendant la même année, devenant même le premier pays de la rive sud de la Méditerranée à avoir signé un pareil accord. Les efforts pour davantage d’intégration ne se démentent pas. Zone MENA, Afrique subsaharienne et autres groupements régionaux font déjà l’objet d’accords pour les uns, ou sont encore dans le « pipe » pour d’autres. En parallèle, la Tunisie a mis les bouchées-doubles pour diversifier ses partenaires commerciaux et saisir les moindres opportunités dans des marchés aussi lointains soient-ils et qui exigent des efforts colossaux en termes de promotion et de country branding. Le contexte ne peut être plus opportun pour mettre le cap sur un des pays les plus émergents au monde qui rivalisera dans la prochaine décennie avec les grandes puissances pour une place dans le haut du tableau des économies les plus dynamiques. Ce pays n’est autre que l’Inde. Puissance démographique (1.3 milliard d’habitants en 2016), et qui dépassera, selon toutes les prévisions, la Chine en 2022 pour atteindre la barre fatidique de 1.4 milliard. Une croissance continue du PIB de l’ordre de 7.7% et qui se poursuivra sur cette même cadence dans les prochaines années, circonstance quasi exceptionnelle en ces temps de crise et de morosité économique. L’Inde, un des maillons forts des Brics, creuset d’une civilisation pour laquelle nous avons nourri une fascination pour sa gastronomie, sa spiritualité et son histoire, ne figure qu’à la 16ème position dans le listing de nos top-clients en 2016. Avec seulement 282 millions de dinars de recettes d’exportation (0.9% de part dans les exportations globales de la Tunisie), le partenariat économique et commercial tuniso-indien ne s’est jamais élevé à des niveaux dignes de l’étendue du champ de possibilités qu’offrent les deux marchés quand bien même beaucoup d’efforts louables sont à souligner durant les dernières années, notamment dans la coopération technique, l’investissement et l’élargissement de la base des produits échangés. 


Au niveau réglementaire, les relations bilatérales sont régies par une seule et unique convention de partenariat économique et commercial qui date 
depuis 1994, assortie de quelques protocoles d’accord. L’échange de délégations d’Hommes d’affaires dans les deux sens se fait rare. De même pour les foires et salons spécialisés, où l’on recense une seule participation d’entreprises tunisiennes à l’occasion du salon de l’alimentation AAHAR que le Cepex avait organisé en 2015 avec la participation de 25 entreprises. 


Une lecture diagonale de la balance commerciale tuniso-indienne depuis 2011 démontre que nous importons un peu plus du double de ce que nous exportons en valeur. 
Nos exportations vers l’Inde sont tributaires à 90% du phosphate et ses dérivés. Cuir, dattes, corail, câbles & appareils électriques et huile d’olive complètent la liste étriquée des produits exportés avec des écarts de valeur peu significatifs. En revanche, les importations sont plus prolifiques. Matériel roulant, produits alimentaires de base (thé, riz, sucre, café) et produits chimiques, constituent l’essentiel de la palette des produits importés en Tunisie. Si l’on se réfère à la population des entreprises tunisiennes qui commercent avec l’Inde, l’on remarque une dissymétrie profonde. En effet, le nombre des importateurs est 16 fois supérieur à celui des exportateurs. A ce propos, le principal challenge à relever à la suite des travaux de la 12ème session de la commission mixte tuniso-indienne est de renverser la vapeur vers plus d’équilibre et plus de vigueur commerciale au niveau des échanges entre les deux pays.

Catalyseur.

 

Pour ce faire, le Cepex a signé un Memorandum of Understanding (MoU) avec la Fédération Indienne des Organismes de l’Exportation qui stipule, à juste titre, l’impulsion du commerce bilatéral et la dynamisation de la coopération institutionnelle par le biais de l’intensification de l’échange d’information et d’expertise pour identifier les passerelles d’un partenariat plus fécond. Dans un autre registre, ce MoU traduit une ambition commune pour poser les jalons d’un brassage on ne peut plus énergique quant à l’échange de délégations d’Hommes d’affaires dans les deux sens. 
Les perspectives de renforcement du partenariat ne tarissent pas. Le groupe de travail mixte qui sera créé en vertu de cet accord aura du pain sur la planche en vue de scruter les moindres pistes et identifier les subtilités, encore latentes, dont recèlent les domaines de collaboration. A ce propos, les sociétés indiennes qui désirent se développer en Afrique, peuvent opter pour la coopération triangulaire, où la Tunisie servirait de plateforme de production et d’exportation vers les marchés subsahariens eu égard à notre position géographique, à la jonction de trois blocs majeurs, à savoir l’Europe, l’Afrique et le Moyen-Orient, à une industrie dynamique qui dispose de tous les ingrédients du succès et à une législation qui encourage l’investissement, et à fortiori étranger, dans les activités à forte valeur-ajoutée. 
Des opportunités immenses de partenariat existent dans bien de domaines à l’instar de l’agroalimentaire dans lequel l’Inde est considérée comme la 4ème puissance agricole mondiale (17% du PIB). Les deux produits emblématiques, à savoir l’huile d’olive et les dattes jouissent de grandes chances pour multiplier leur chiffre d’affaires export sur ce marché. Les industries manufacturières, particulièrement la filière des composants automobiles, disposent d’un grand potentiel aussi bien dans l’export que l’investissement à condition de s’accommoder aux exigences normatives et techniques en vigueur en Inde.

Deux journées de matchmaking édifiantes.

 

La dizaine d'Hommes d'affaires et de responsables institutionnels côté tunisien, présents à l'occasion des travaux de la commission mixte, ont pu, de toute évidence, mesurer l'étendue des possibilités de partenariat commun dans un esprit gagnant-gagnant et de complémentarité où chaque partie pourrait tirer profit des atouts et avantages comparatifs de l'autre. Le maître mot qui a rententi avec insistance est "joint venture". En effet les 30 Hommes d'affaires indiens présents lors du forum économique de la journée du 30 octobre au siège de la Fédération Indienne des Organismes de l'Exportation (FIEO) à New Delhi et la dizaine de leurs homologues résidant à Mumbai ayant assisté et interagi en direct via visioconférence, sont unanymes à ce que cette forme de partenariat est la mieux indiquée pour traduire la volonté politique en réalisations concrètes. Cette vision est également partagée du coté officiel tunisien. En effet, Mme. Htira a souligné lors de son allocution que la Tunisie est plus que jamais disposée à diversifier ses marchés-export, où l'Inde figure en bonne position, pour mettre en exécution cette orientation stratégique. Elle a passé en revue toutes les pistes de partenariat économique et assuré de l'appui sans faille que le Cepex dispensera en faveur du renforcement des relations commerciales bilatérales. De son côté, Mr. T S Ahluwalia, membre du Comité Directeur de la FIEO s'est félicité de l'attention tunisienne portée aussi bien de la part des structures officielles et diplomatiques que du secteur privé, à l'égard du développement du partenariat tuniso-indien. Les deux parties se sont engagées à travailler sur le renforcement du cadre qui régi la dynamique partenariale et à explorer les domaines de collaboration fructueux tout en préservant les intérêts de chaque partie. Cette première journée de travail s'est conclue en apothéose où les Hommes d'affaires tunisiens se sont adonnés à une série de rencontres BtoB et de networking avec leurs homologues indiens à l'issue desquelles ils ont esquissé les éventuelles formes de partenariat. À cet égard, une délégation d'Hommes d'affaires indiens se rendra en Tunisie pendant la deuxième semaine du mois de janvier prochain, ce qui augure d'un renouveau prometteur dans les relations économiques bilatérales. La deuxième journée de ce forum économique s'est tenue en deux sessions. Une première organisée par la Confédération Indienne de l'Industrie en présence de M. Khemaies Jhinaoui, Ministre des Affaires Étrangères et M. Shreekant Somany, Chairman de ladite confédération. Cette rencontre a été une occasion renouvelée pour réitérer la volonté commune des deux parties à écrire une nouvelle page dans les relations économiques bilatérales. Un cocktail de réseautage s'en est suivi en présence d'une trentaine d'Hommes d'affaires indiens de haut calibre représentant une multitude de secteurs d'activité (agroalimentaire, énergie, infrastructure, mines, automobile...). En guise de clôture, une dernière session s'est déroulée l'après-midi, au siège de la Fédération Indienne des Chambres de Commerce et d'Industrie (FICCI) au cours de laquelle Mme. Htira a encore mis l'accent sur les passerelles du développement économique bilatéral devant une audience d'une trentaine d'Hommes d'affaires indiens motivés par l'établissement de relations d'affaires avec leurs homologues tunisiens. Ambition également partagée par M. Vikramjit Singh Sahney, membre du bureau exécutif de la FICCI, hôte de cette dernière étape de ce forum d'affaires. La volonté politique existe, les opportunités du business sont latentes. Il ne reste qu'à concrétiser.

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